L’An 2023.

Temps de lecture : 2 minutes

Sur une idée de Pascal Perrat du blog « Association entre 2 lettres »

Ahanant et suant toute l’année dans la forêt de Bavière, Hans honorait le premier janvier en poussant un premier han ! selon un cérémonial d’usage dans sa famille de bûcherons. Pour ce faire, il commence toujours par réciter le verbe « Hanter » à tous les temps de l’indicatif, à toutes les personnes puis il passe aux du subjonctif toujours à toutes les personnes. C’est un rituel harassant mais nécessaire pour une bonne tonalité du « HAN ». Il faut du souffle et une bonne articulation des mâchoires, un placement de la langue sur les dents qui doit se travailler plusieurs jours avant l’instant du cri. Cet An 2023, est d’autant plus crucial pour Hans, car le cri du bûcheron qui traversera la Hanse jusqu’au château « Nu-Lombaire », verra son auteur gratifié de la visite du Prince. Celui-ci étant à la recherche d’une future reine, pouvant lui donner l’héritier que son peuple lui réclame. C’est dire si l’enjeu est grand. Hans, ahane tant et tant, laissant échapper du plus profond de ses entrailles le plus long et puissant « HAN » jamais prononcé, qu’il gagne le challenge comme chaque année.

Le prince se présenta alors en conquérant. Son écuyer fanfaronna du jabot pour annoncer son doux nom : « Son Altesse le prince héritier Jean-Bonniface Chaussé des Moines, duc d’Edam, baron de Munster et représentant du Comté ».

Le déboiseur comprit sans broutille que le prince voulait épouser une de ses filles, et saisissant cette opportunité, lui présenta sa belle puinée. Voyant son sourire sauvage, Hans lui tint à peu près ce langage : « Genêt pas saisi d’où vous veniez, mais vous avez parcouru un bambou de chemin, ce ne doit pas être cyprès. Sans mentir, je peux hêtre sûr que vous succomberez au charme de ma cadette. Il suffit de voir comment vous vous noyez déjà dans ses yeux noisette. Vous savez, je ne suis pas un gland, dans mon bouleau, quand on a du pin sur la planche, on s’enracine, et sous le poids des chênes, on oublie nos plinthes : on peuplier mais pas stère. »

« Ce bûcheron fait bien tout un fromage pour une demande en mariage », pensa le prince. Qu’à cela ne tienne, il mit genoux à terre mais au moment de demander la main de la belle, de violentes crampes d’estomac le prirent, le faisant hurler de douleur. Gémissant « Han…han…anahan.. », Hans persuadé que ce péquenot se moquait de lui, lui envoya une volée non pas de bois vert mais de phalanges sur la tronche. A force de manier la cognée, il avait acquis de la force le déboiseur. Le prince valdingua dans les fagots de bois alignés devant la maison. Il se devait de défendre l’honneur de sa famille qui gagnait depuis des lustres le concours du premier HAN de l’An. Non mais !

 La plaisanterie en revanche ne plus pas au prince qui le fit enfermer au cachot tout le long de l’an. Il se dit qu’il cherche toujours sa future reine.

Moralité toute plaisanterie n’est pas bonne à faire.

Bonne année à toutes et tous. Je vous souhaite beaucoup de fantaisie et d’audace pour affronter l’incertain des temps actuels et oser s’exercer ainsi dans l’accueil de ce qui est, en restant attentifs aux pièges de l’appréhension du lendemain.

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4 Comments

  • Bonne année 2023 Mijo.
    Amitiés. Brigitte

    • Cooki Brigitte,
      Merci de tes voeux. J’ai cassé mon téléphone fin octobre 2022 et j’ai perdu quantité de numéros. Je n’ai pas changé de numéro alors si tu veux bien m’envoyer un texto, je retrouverai ton numéro 🙂 Que 2023 te soit plus légère et empreinte de tendresse et de douceur 🙂

  • Bien revisité le personnage du Prince ! pauvre bûcheron ! Merci pour cette belle promenade forestière

    • Merci Nadiège pour ta lecture 🙂

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